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La Durance
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mercredi 22 juin 2005
 
 
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editorial
 
   

    Enseigner le génocide arménien

    Tout y est : des boucs émissaires stigmatisés, exclus, persécutés, expropriés puis raflés. Des populations déportées dans des wagons à bestiaux, femmes et enfants séparés des hommes à l’arrivée, marches forcées, exécutions en masse, fosses communes, plusieurs centaines de milliers de victimes, peut-être des millions, tout y est ou presque ... ne manquent finalement que les chambres à gaz pour estampiller une « Shoah de l’Anatolie ».

    Le parallèle saute aux yeux : dès 1915, les démocraties occidentales qualifient ces événements de « crime contre l’humanité » (1) , trente ans avant Nuremberg. A Kharpout, un consul américain témoigne : "... on a néanmoins trouvé une autre méthode pour détruire la race arménienne. Il s'agit de rien moins que de la déportation de toute la population arménienne ... entreprise probablement sans précédent dans l'histoire..." (2) . Aucun doute aujourd’hui : les charniers de Deir Zor - « des monceaux de cadavres au milieu desquels se traînaient des enfants encore en vie » (3) - préfigurent ceux de Sobibor.

    Depuis quelques années, la littérature scientifique nous révèle l’étendue de l’événement, son intensité, sa place comme « génocide originel » (4) , précurseur d’une sinistre série au XXe siècle. Nos programmes d’enseignement ignorent le sujet (5). Paradoxe d’une histoire scolaire qui s’étend sur la civilisation byzantine et ne dit mot sur la Turquie moderne, reproduisant ainsi le mutisme de l’Etat français sur la question pendant tout le XXe siècle.

    Enseigner le génocide arménien parce que la France a fini par reconnaître, par une loi d’initiative parlementaire puis par une ratification présidentielle en janvier 2001, « La qualification de génocide du peuple arménien en 1915 » (6) .
    Enseigner le génocide arménien puisqu’à l’heure où l’Union Européenne entrouvre la porte à la candidature turque, son passé devient aussi un peu le nôtre.
    Enseigner le génocide arménien car l’histoire doit prendre le pas sur la mémoire, avec sa charge émotive et ses multiples instrumentalisations.
    Enseigner le génocide arménien, non pour accuser ou juger, mais pour faire connaître et tenter de comprendre.

    Daniel Dalet,
    professeur au lycée Alexandra David-Neel de Digne


    (1) 24 Mai 1915 : avertissement des puissances de la Triple Entente adressé à la Turquie, accusée de "crimes contre l'Humanité et la Civilisation" envers les Arméniens.

    (2) Dépêche consulaire de Leslie A. Davis à son ambassadeur H. Morgenthau, 30 juin 1915
    http://www.imprescriptible.fr/documents/archives/americaines/davis30-06-1915.htm

    (3) James Bryce, discours à la Chambre des Lords (octobre 1915)

    (4) Bernard Bruneteau (Grenoble II) : « Le siècle des génocides. Violences, massacres et processus génocidaires de l'Arménie au Rwanda » - A. Colin - 2004

    (5) A l’exception notable du projet de nouveau programme en 1ère STG qui comprend : « Les génocides (1914-1945) »

    (6) http://www.senat.fr/leg/ppl99-206.html

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Pedagogie
 
   
Génocide arménien et programmes scolaires : des précautions
    Les archives américaines, britanniques, allemandes, turques, les travaux d’Yves Ternon, de Vahakn N. Adrian, de Peter Balakian attestent l’existence du génocide arménien perpétré par le gouvernement Jeune Turc entre 1915-1917. Bases scientifiques incontournables à tout enseignant choisissant de traiter la question, complétées par d’abondantes sources de témoignages, les photos de Armin T. Wegner sur le génocide, elles permettent d’introduire le sujet loin des polémiques soit disant historiennes.

    Les documents d’accompagnement des programmes de Première L et ES mentionnent explicitement le génocide arménien à mettre en relation avec « la brutalisation des rapports humains….la violence de la période ». Les programmes de troisième sont moins explicites mais les manuels les plus récents proposent parfois un document (photographie légendée) sur le génocide.

    Deux précautions me semblent nécessaires

    Le génocide arménien est à replacer dans un contexte plus large que celui de la Grande Guerre : la « question arménienne » est un élément central de la « Question d’Orient » qui mobilise la diplomatie européenne durant tout le XIXe siècle. Les premiers massacres (1894-96 sous le sultanat d’Abdul Hamid, puis 1909 sous le gouvernement Jeune Turc) ne peuvent se comprendre en dehors de l’étude de la montée des nationalismes, de la perte du poids politique et territorial de l’empire ottoman en Europe, les difficultés de ce dernier à maintenir une cohésion. Le refus du centralisme administratif, la double fiscalité (centrale et locale) imposée aux populations, les exactions commises par les troupes hamidiés (kurdes organisés en régiments armés) contre les minorités chrétiennes, la non application du traité de Berlin (sécurité des minorités) expliquent la formation de structures politiques (premiers partis arméniens dans la 2e moitié du XIXe siècle), les rebellions, et en réponse, les massacres.

    En phase avec les problématiques actuelles sur la Grande Guerre comme matrice des totalitarismes, ces massacres ont pu être une étape pré-génocidaire… : ils ont du moins été organisés en toute impunité, et ont surtout été l’occasion de développer une « mentalité meurtrière » (4), une culture de la violence, une banalisation de l’horreur qui ont certes pu servir le projet d’extermination de 1915.

    La deuxième précaution concerne le lien entre le génocide et l’idée de brutalisation. La Grande Guerre, guerre totale et brutale, innove par l’ampleur des violences subies par les populations civiles : bombardements, massacres, viols, déportations, privations… La construction d’une figure de l’ennemi à abattre, la défense de la terre, le sentiment nationaliste, patriotique… cette culture de guerre qui explique les 700 000 morts de Verdun, elle existe aussi côté oriental.
    La politique du gouvernement Jeune Turc s’appuie sur une idéologie ottomaniste puis panturquiste mais aussi sur les idées de territoire assiégé, de complots intérieurs des minorités chrétiennes, d’espace vital… dans un contexte de bouleversements géopolitiques.
    Certes, ce massacre de plus d’un million d’Arméniens se déroula en pleine guerre : le gouvernement ottoman s’engage avec l’Allemagne contre les Russes ; les Arméniens dispersés en Anatolie et en territoire russe combattent dans les deux camps.
    Violences de guerre ? Oui, mais génocidaires. Car si des motivations militaires sont avancées pour expliquer les massacres, le conflit a été l’occasion pour le gouvernement turc de régler la question arménienne, théâtre de l’application d’un programme d’Etat de déportation et d’élimination de la minorité dans l’empire.
    Il convient donc de présenter ces évènements non seulement comme conséquences de la guerre, ou illustration de la brutalisation des populations civiles, mais aussi et surtout comme le résultat d’un projet idéologique dont l’intention fût l’élimination d’un groupe humain, première étape à la lecture et à la compréhension des génocides du XXe siècle par les élèves.

    Deux précautions qui supposent de traiter la question en historien expliquant aux élèves la complexité des évènements, en ayant le souci de contextualiser les faits et de montrer les liens.

    Brigitte Manoukian
    Professeur au collège Campra d'Aix en Provence


    (1) Le siècle des génocides, Bernard Bruneteau, Armand Colin, 2004

    On retrouve ce texte et on peut le télécharger en .rtf à l'adresse suivante.
    Il est complété par un corpus documentaire permettant d'aborder la question.
    http://histgeo.ac-aix-marseille.fr/a/dda/d007.htm

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Ressources pour l’enseignement du génocide arménien
  • Les séances « clés en mains » disponibles en ligne donnent l’illusion que nos cours sont reproductibles tels quels. Les résultats avec les élèves sont toujours médiocres, car même s’il paraît parfois superflu de réinventer la roue, force est de constater qu’en pédagogie, on ne roule bien qu’avec ses propres roues.

    Plutôt que des cours prêts à l’emploi, voici donc quelques ressources pour encourager et faciliter l’enseignement du génocide arménien en collège et en lycée.

    Où insérer ce cours dans nos programmes ?

    - En troisième
    Premier thème : « 1914-1945 : guerres, démocratie, totalitarisme »
    Premier point : « La Première Guerre mondiale et ses conséquences »
    Le génocide arménien peut être abordé, soit dans le cadre du «... caractère total de cette guerre (économie, société, culture)... », soit dans celui du « ... bilan de la guerre ... ».

    - En première L et ES
    Troisième thème : « Guerres, démocraties et totalitarismes (1914-1945) »
    Premier point : « La Première Guerre mondiale et les bouleversements de l'Europe »
    Le document d’accompagnement précise d’ailleurs : « La brutalisation des rapports humains invite à poser la question des liens entre la violence de la période (ainsi du massacre des Arméniens, premier génocide du siècle) et celles des totalitarismes. »

    - En première STG (projet de programme applicable à la rentrée 2006)
    Deuxième thème : « Guerres et paix : l’Europe au coeur des grands affrontements (1914- 1945) : les deux guerres mondiales, les génocides, les totalitarismes contre les démocraties, la recherche de la paix. »

    Des mises au point scientifiques

    - Le magazine « L’Histoire » a sorti un numéro spécial en 1995 (n°187) qui constitue une bonne introduction au sujet, avec des articles de Yves Ternon, Jean-Jacques Becker, Gilles Veinstein.

    - Yves Ternon : « Les Arméniens, histoire d’un génocide ». Seuil (Point histoire) 1997.
    Une synthèse rapide et précise, conforme à l’esprit de la collection, par l’un des meilleurs spécialistes français de la question.

    - Vahakn N. Dadrian : « Autopsie du génocide arménien ». Edition Complexe, 1995.
    Une étude sur les origines et les conséquences de l’extermination à la lumière du droit national et international.

    - Peter Balakian : « Le tigre en flammes, le génocide arménien et la réponse de l‘Amérique et de l’Occident ». Phébus, mars 2005.
    Historien américain, Peter Balakian puise à des sources peu connues pour écrire l’histoire de ce génocide et décrire l’attitude des Etats-Unis, entre mobilisation de la société civile, missions humanitaires et réactions gouvernementales.

    - Bernard Bruneteau : « Le siècle des génocides. Violences, massacres et processus génocidaires de l'Arménie au Rwanda », Armand Colin, 2004.
    L’auteur est professeur d’histoire contemporaine à Grenoble II : « ... leur histoire montre que le crime de génocide se fonde sur le ciblage stigmatisant d'un groupe à partir de la définition aussi arbitraire que délirante qu'en donne le perpétrateur... »

    - Claire Mouradian et Anne Dastakian : « Le génocide des Arméniens », Editions La Mascara, 2005.
    La première est chercheur au CNRS, la seconde est journaliste. Ce livre se présente sous la forme de questions-réponses et est abordable par un très large public.

    - Annie et Jean Pierre Mahé : "L’Arménie à l’épreuve des siècles". Découvertes Gallimard, janvier 2005.
    Un petit ouvrage très richement illustré qui retrace l’histoire de l’Arménie des origines à nos jours.

    Des problématiques de cours

    - Quels éléments permettent de qualifier le massacre des Arméniens de 1915 de « génocide » ?

    - Quel rôle la guerre 14-18 a-t-elle joué dans le déclenchement du génocide arménien ?

    - Comment expliquer l’attitude des grandes puissances pendant le génocide arménien ?

    - Le génocide arménien est-il le fruit de la poussée des nationalismes à la fin du XIXe et au début du XXe siècle ?

    Des ressources documentaires

    - Le site « Imprescriptible » est d’une grande richesse : photographies, nombreux textes, en particulier les correspondances des consuls occidentaux en poste dans les villes turques décrivant par le détail le déroulement de l’extermination. Les propriétaires du site donnent l’autorisation d’exploiter les documents à des fins pédagogiques sur simple demande par courriel.
    http://www.imprescriptible.fr/

    - L’association ARAM (Recherches et Archivages de la Mémoire Arménienne) a édité avec le soutien du Conseil général un recueil de textes utiles pour l’enseignant « Témoins de génocides impunis » disponible à l’adresse suivante : Association ARAM,1 Bd Charles Zeytountzian, 13013 Marseille.
    Le site de l’association, outre une importante collection de photographies, donne un aperçu des ouvrages archivés.
    www.webaram.com

    - le Centre du patrimoine arménien à Valence (Drôme), ouvert depuis le 10 juin 2005, est consacré au génocide de ce peuple. Réalisé avec le concours d'historiens, d'ethnologues et d'anthropologues, spécialistes de cette question, ce musée est unique
    http://www.patrimoinearmenien.org/

    - Les pages francophones de « The Forgotten » - avec une belle introduction à l’accueil du site – proposent une chronologie interactive très bien faite, idéale pour la partie factuelle du sujet, ainsi qu’une collection de photographies commentées.
    http://www.theforgotten.org/site/intro_fre.html

    - Victor Bérard, « La Politique du Sultan », éditions du Félin, avril 2005.
    Il s’agit d’une nouvelle publication du texte d’un arménophile et collecteur de témoignages qui au tournant du siècle dernier écrit sur les massacres du sultan Abdul Hamid II.

    - Arnold Toynbee : « Les massacres des Arméniens. Le meurtre d'une nation (1915-1916) ». Payot, 2004.
    Cette grande figure intellectuelle du XXe siècle a rédigé dès les années 20 un rapport complet à la demande du gouvernement britannique. Cette réédition est commentée par Claire Mouradian (CNRS).

    - Annick Asso : « Le cantique des larmes. Arménie 1915, Paroles de rescapés du génocide », La Table Ronde, 2005.
    ... des voix sortent des décombres. Ce sont les rescapés qui parlent. Ils racontent les déportations, les camps, les massacres. Ils disent l'indicible...

    - Henry Barby: « Au pays de l’épouvante, l’Arménie martyre », Cercle d’écrits caucasiens, 2004.
    Correspondant de guerre en 1914, chargé de couvrir les opérations de guerre sur le front russo-turc dès le déclenchement de la Première Guerre mondiale.

    - Leslie A. Davis : « La province de la mort, archives américaines concernant le génocide des Arméniens ». Editions Complexe, 1994.
    Sont réunis ici les dépêches du consul américain en poste dans la province de Kharpout, ainsi que son rapport rédigé en 1918, relatant la déportation et le massacre des populations arméniennes en 1915.

    Sur la mémoire du génocide et sa négation

    - Gérard Chaliand : "Mémoire de ma mémoire", Julliard, 2003.
    Le souvenir des récits de ses grands-parents.

    - Lydie Belmonte : "Histoire de la communauté arménienne à Marseille à travers le boulevard des Grands Pins à Saint Loup", Jeanne Laffitte, 2004.

    - Yves Ternon : "Enquête sur la négation d’un génocide", Editions Parenthèses, 1989.


    Daniel Dalet et Brigitte Manoukian

    On trouve en ligne à l'adresse suivante ce texte et ses annexes. Téléchargeable également en .rtf
    http://histgeo.ac-aix-marseille.fr/a/bma/d007.htm

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 actualité et ressources pédagogiques (Patrick Parodi)
  • Sur le site académique de Rennes, on trouve deux séquences pour les classes de terminale : en géographie sur l’Asie Orientale et la Mégalopole japonaise et en histoire, sur l’évolution politique de la France de 1945 à nos jours. Ces séquences proposent simplement un plan détaillé avec des documents de manuel en référence : si les leçons proposées restent classiques, elles sont de qualité et utiles pour quiconque s’est attelé à ce programme.
    Par contre, sur la leçon de la France de 1945 à nos jours, les remarques préalables du professeur mettent en évidence les pièges de cette séquence c'est-à-dire vouloir rentrer dans une étude chronologique détaillée de la 4ème République et les connexions possibles avec le reste du programme qui peut permettre une meilleure gestion de ce dernier. De même, une épreuve de type bac, bien conçue, est proposée sur ce thème même si on peut proposer une formulation plus simple de la problématique générale.
    http://www.ac-rennes.fr/pedagogie/hist_geo/ResPeda/NxTal/index.htm


  • La séquence proposée s’inscrit dans l’étude de la diversité de l’Afrique en classe de 5ème. Elle est exemplaire dans sa construction des dérives des mises en activité des élèves en classe : conçue comme devant être réalisée en autonomie par les élèves, la séquence comprend 5 fiches comprenant chacune divers documents, souvent pertinents, des questions de prélèvement de connaissances et le plus souvent la réalisation d’un croquis ou d’un graphique.
    Il y a dans cette séquence des exercices dont la valeur pédagogique reste contestable : ainsi, construire un graphique en barres ou une courbe à partir de données statistiques n’est pas une compétence essentielle de la géographie mais des mathématiques et n’apparaît pas essentiel dans la démarche proposée. De même, la fiche 4 se termine par un exercice à trous : à l’aide des mots fournis, l’élève doit compléter un texte. L’essentiel est qu’un élève ait compris la situation qui lui est proposée et qu’il fournisse une réponse pertinente, qu’il exprime une compréhension qu’il peut étayer par des contenus. Or, compléter un texte ne montre pas une compréhension globale mais au mieux la capacité à se remémorer les définitions d’attributs de notions.
    Ce type d’activités témoigne certes de la volonté de l’enseignant de donner aux élèves les moyens de s’approprier les savoirs et de construire une logique de compréhension. Cependant, la parcellisation des activités qui fait en perdre le sens, l’absence de travail réel sur la trace écrite (sauf dans la dernière fiche) comme moyen de vérifier l’acquisition des savoirs et la compréhension et l’absence de questions problèmes évidentes vont à l’encontre d’un tel objectif. On peut imaginer que l’enseignant a joué un rôle capital dans cette séquence en en palliant les insuffisances mais la présentation abrupte des cinq fiches ne permet pas de le percevoir. Le concept de diversité de l’Afrique doit se retrouver au cœur des différents exercices proposés et constituer la trame de la séquence : multiplier les exercices formels n’y aide sûrement pas.
    http://erra.club.fr/galiana/afrique.pdf


  • Deux nouveaux dossiers réalisés à la suite des animations pédagogiques organisées à l'intention des professeurs de collège dans tous les bassins de l'académie de Versailles en janvier et février 2005 : autour du fait religieux ou de la place du document patrimonial en histoire, les professeurs animateurs proposent des synthèses courtes des travaux réalisés. Celles-ci témoignent d’une riche réflexion et contrastent avec les propositions multiples qui pullulent sur de nombreux sites, ou textes à trous et carte des hébreux à colorier composent, hélas trop souvent, l’essentiel du travail. Le dossier sur les religions en histoire proposent des pistes sur la séquence des hébreux (6e), sur l’islam dans sa diversité (plus une prolongation ou introduction à la séquence de 5ème), sur l’étude des textes religieux. Ces travaux sont précédés d’un texte de Paul Stouder (IA-IPR) extrait d’un ouvrage paru en 2004 au CRDP de Versailles « Clés pour l'enseignement de l'histoire au lycée » : « La méthode historique met bien à la disposition du professeur d'histoire les moyens de son autonomie intellectuelle, d'abord à travers le travail sur document. Remarquons ici que l'origine des textes religieux n'est pas fondamentalement différente de celle des autres sources historiques : en histoire des religions comme dans n'importe quel autre domaine, l'historien sollicite des documents qui n'ont pas été écrits pour lui et qu'il appelle cependant sources . Toute son attention doit donc se porter sur la nature des documents qu'il manipule et, en particulier, il ne doit pas se laisser prendre au caractère narratif de ces documents, confusion qui débouche sur des entreprises hasardeuses. »
    Le 2ème dossier est introduit par un texte de Laurent Le Mercier qui retrace la place du document dans l’enseignement de l’histoire, l’inscrit aujourd’hui dans l’héritage des travaux de Paul Ricoeur et Michel de Certeau sur le récit, le document n’étant alors qu’une « étape dans la construction du discours de l’historien… Il est clairement reconnu aujourd'hui que le document ne dit pas la vérité, qu'il n'est pas non plus une preuve de la vérité. Il est comme le témoignage un « être affecté. » Il apparaît opaque à mi chemin du souvenir et de la fiction. Il est insaisissable en temps que lui même dans sa temporalité. Il est ainsi reconnu depuis longtemps que le document ne parle pas tout seul : c'est la question que lui pose l'historien qui donne sens, qui le fait parler. » Suivent 4 propositions autour de documents patrimoniaux : Versailles, comme fil rouge pour la séquence sur la monarchie absolue, une évaluation sur la peinture du sacre de Napoléon par David, une séquence sur La Liberté guidant le peuple d’Eugène Delacroix, une photographie de la chute du mur de Berlin (le document est utilisé de manière récurrente dans plusieurs leçons selon la double dialectique du local et de l'universel - Un monde bipolaire ; l'Allemagne au cœur de la Guerre Froide ; L'effondrement du bloc soviétique - et sert de fil rouge à l'étude. Il est de ce fait le document central que viennent éclairer d'autres documents). (BM)
    http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/gephg/pedagogie/doc/default.htm


  • Pour rappel, sur le site de l’académie de Versailles : les compte rendus du séminaire académique sur le fait religieux et la laïcité aujourd’hui (2003-2004)
    http://www.ac-versailles.fr/pedagogi/gephg/pedagogie/frelig/som.htm
    et sur site de l’académie d’Aix-Marseille : les Actes du colloque de La Durance (2003) « Enseigner le fait religieux » (rubrique Pédagogie – Renouvellement des contenus - Fait religieux)
    http://histgeo.ac-aix-marseille.fr/


  • Toujours le fait religieux, mais dans l’académie de Lille, Ludovic Vandoolaeghe propose une séquence sur l’islam : « Partir de MOHAMMED pour traiter de la naissance de la religion et de la civilisation musulmane peut induire le risque d’avoir un discours téléologique et donc reprendre à son compte une vision très « idéologique » de l’histoire du fait musulman ». Ainsi propose t-il une entrée par le document patrimonial, la mosquée, afin de donner du sens à cette étude du monde musulman, celle-ci servant de point d’ancrage pour tous les thèmes étudiés (arts, économie, religion…). La proposition est accompagnée d’une courte mais incontournable bibliographie pour l’enseignant. (BM)
    http://www4.ac-lille.fr/~heg/article.php3?id_article=12

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Liaisons
       
   
 projets coopératifs
  • Action européenne de jumelage électronique (eTwinning) pour des partenariats scolaires en Europe
    « La présente circulaire définit le cadre de la mise en application dans les écoles, collèges et lycées français du programme de jumelage électronique eTwinning. Mesure phare du projet européen eLearning, elle devrait concerner à terme 35 000 établissements scolaires européens.
    Cette action répond à une double priorité du ministère de l’éducation nationale, de l’enseignement supérieur et de la recherche : un meilleur apprentissage des langues étrangères, la généralisation de l’usage de l’outil informatique. Ce programme s’inscrit dans le cadre du processus de Lisbonne dont l’objectif est de faire de l’Union européenne, à l’horizon de 2010, l’ensemble mondial le plus dynamique.
    (…)
    Il s’agit donc d’encourager les établissements scolaires français à établir un jumelage avec au moins un établissement européen, au moyen de l’internet.
    » BO N°22 du 2 juin 2005
    http://www.education.gouv.fr/bo/2005/22/MENT0500936C.htm
    Qu’est ce que le eTwinning ?
    http://www.etwinning.net/ww/fr/pub/etwinning/about/what_is_etwinning.ht
    page d’accueil du site consacré au eTwinning
    http://www.etwinning.net/ww/fr/pub/etwinning/index.htm


  • Concours national de la Résistance et de la déportation - année 2005-2006
    « (…) Pour le concours de 2006, le jury national propose pour les classes de lycée d’enseignement général, technologique, professionnel, agricole et pour toutes les classes de troisième le thème suivant : “Résistance et monde rural”.
    Ce thème peut être l’occasion de réfléchir sur la Résistance du monde rural, les rapports entre la résistance urbaine et le monde rural, la relation des résistances avec l’espace rural.
    Les recherches des élèves pourront porter, entre autres, sur les aspects de la Résistance - par exemple les maquis, les refuges, le camouflage des réfractaires et des persécutés - qui témoignent du rôle décisif joué par la population des campagnes dans la lutte contre l’occupant.
    »
    BO N°15 du 14 avril 2005
    http://www.education.gouv.fr/bo/2005/15/MENE0500664N.htm

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 agenda (Dominique Santelli)
    Un été en Provence…

  • Au musée Yves Brayer aux Baux-de-Provence et jusqu’au 27 août 2005, une exposition Goya Picasso intitulée « La Tauromachie ». La réunion des deux célèbres peintres permet de faire se confronter quelques-unes de leurs œuvres dédiées à la tauromachie, mais réalisées à un siècle de distance.
    http://www.yvesbrayer.com/pages/fr/baux/baux.htm

  • L’association les Jardins de Poppy au Thor expose 10 sculptures monumentales de Niki de Saint Phalle jusqu’au 16 Octobre 2005
    www.lesjardinsdepoppy.com

  • Au centre d’Art de Saint-Rémy-de-Provence, jusqu’au 30 décembre 2005, projection audio-visuelle et exposition thématique de photographies aux dimensions des oeuvres originales en hommage à « Vincent à Saint-Rémy »
    Hôtel Estrine- 8 rue Estrine. 13210 Saint-Rémy-de-Provence. 04 90 92 34 72

  • Au musée Auguste Jacquet à Beaucaire jusqu’au 26 juin 2005 une exposition, intitulée « Lumière Lumières », d’objets ayant un rapport direct avec le thème de la lumière et des Lumières : les moyens d’éclairage de la préhistoire à nos jours, l’Encyclopédie et la Lumière jaillira…De quoi trouver des idées pour des travaux interdisciplinaires futurs!
    Rens. 04 66 59 47 61

  • A Fontvieille, au château de Montauban, un hommage à Louis Poumeyrol présente des objets évoquant la préhistoire, la protohistoire et l’époque médiévale.
    Rens. à l’OT : 04 90 54 67 49

  • Tarascon La Médiévale accueille les 26, 27 et 28 août le bon Roy René ! Pour l’occasion tout un programme de réjouissances est prévu : concert de musique médiévale, tournoi d’archers, représentations théâtrales, jeux en bois médiévaux, courses de la tarasque, saynètes de la vie quotidienne…
    Rens. OT : 04 90 91 03 52


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 boîte à outils (Daniel Dalet)
  • Un déménagement, c'est d'abord des cartons (à trouver, à remplir, à porter ...) et puis c'est des papiers, des montagnes de papiers pour déclarer à de multiples organismes son changement d'adresse. Et bien le nouveau service proposé par Adèle (Administration en ligne) va permettre d'économiser quelques arbres : un simple formulaire en ligne et d'un seul clic de souris, six services publics sont informés (Allocations familiales, Assurance chômage, Assurance maladie, Assurance vieillesse, Impôts, Service national). C'est entièrement gratuit et c'est plutôt bien fait, même si la CNIL émet quelques réserves sur le niveau de confidentialité des informations saisies.
    http://www.changement-adresse.gouv.fr/


  • Fire Fox, le navigateur alternatif gratuit de Mozilla équipe désormais 13% des machines européennes, une progression constante qui s'explique par la qualité du produit, mais également par la volonté de nombreux organismes de ne pas laisser Microsoft en situation de monopole sur ce créneau. IBM vient d'ailleurs de recommander à ses 300 000 employés d'abandonner également Internet Explorer.
    Source : VNUnet
    http://www.vnunet.fr/actualite/logiciels/utilitaires/20050517006


  • Dans la bataille hautement stratégique des navigateurs gratuits, voici un revenant : Netscape. Le pionnier des navigateurs a été racheté par AOL qui vient de sortir la version 8 du produit. Beaucoup de nouveautés - en particulier de nombreuses barres d'outils personnalisables - mais Microsoft devrait réagir très vite avec la sortie annoncée de la version 7 de son navigateur. Toute dernière info sur ce dossier : la présence de Netscape 8 sur une machine perturberait le fonctionnement de Internet Explorer ...
    http://www.netscape.com/


  • Le 18 mai dernier, l'ex-ministre François Fillon a présenté un plan pour aider les jeunes à surfer sur la toile en toute sécurité : formation, sensibilisation et création d'un site dédié, "protegetonordi" : des fiches conseils, des tests, des jeux et "les quatre clics qui sauvent ": mettre un anti-virus, mettre un pare-feu, mettre à jour ses logiciels, mettre en place un contrôle parental (ce dernier conseil, formulé ainsi, a peu de chance d'être suivi ...). A noter sur le même site un "espace enseignants" avec quelques conseils de bon sens.
    http://www.protegetonordi.com/


  • A ce propos de sécurité, des pirates informatiques viennent d'inventer le racket numérique : un virus se charge de crypter des fichiers sensibles de votre ordinateur et vous propose une clé de décryptage contre paiement d'une somme en ligne. Ce virus est introduit sur votre machine lorsque vous vous connectez à un site malveillant qui exploite une faille de sécurité de Internet Explorer liée au système de fichiers d'aide. Une raison de plus de choisir Fire Fox...
    Source : VNUnet
    http://www.vnunet.fr/actualite/securite/piratage/20050525002


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    La Dur@nce est le bulletin d'information et de liaison des professeurs d'histoire, géographie et éducation civique de l'Académie d'Aix-Marseille, réalisée sous la responsabilité éditoriale de l'Inspection pédagogique régionale.

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  • Direction  : Jean Sérandour (IA-IPR)
    Rédaction  : Yves Tardieu (professeur)
    Mise en page : Yves Tardieu
    Comité éditorial, "groupe Dur@nce"  : Gérald Attali, Danielle Balocchi, Christine Colaruotolo, Rodrigue Coutouly, Daniel Dalet, Murièle Deportes-Masse, Véronique Etienne, Nicole Gallice, Daniel Gilbert, Valérie Hible, Josée-Christine Langlois, Brigitte Manoukian, Claude Martinaud, Patrick Parodi, Dominique Santelli, Annabelle Sourisseau, Alain Sidot, Béatrice Tinelli.

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